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Le château de Lagarde

 

 

 Un jour que je promenais mon père dans la région de Tonneins, apercevant un superbe château en contrebas de la route, celui-ci m'affirma que cette magnifique bâtisse avait appartenu à notre famille...

Un peu septique, je menais quand même mon enquête. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'effectivement ce château avait était construit au milieu du XVIIe siècle par un de nos ancêtres Jacques de Bruet, descendant de la lignée Xaintrailles !

A plusieurs reprises ultérieurement je passais à nouveau sur la petite route départementale surplombant ce château. Mais à l'entrée de l'allée y menant un panneau signifiant qu'il s'agissait d'une propriété privée me retenait dans mon désir de m'en approcher.

Plusieurs années plus tard, j'évoquais cela avec notre cousin notaire Vincens de Tapol, issu de la même branche familiale. Il m'indiqua alors qu'il connaissait bien l'actuel propriétaire et me transmit son numéro de téléphone.

Quelques années s'écoulèrent encore avant que je me décide à appeler cette personne. Je craignais de l'ennuyer : notre échange téléphonique, chaleureux, dura plus d'une demie heure et il m'invita à visiter les lieux quelques jours plus tard.

Le jour indiqué, Danièle et moi, avons franchi sans retenue le panneau "Propriété privée". Au bout de l'allée, nous attendait le sympathique propriétaire et son épouse. Ils avaient préparé pour nous accueilir, non seulement un goûter alléchant, mais surtout ils avaient sorti la précieuse et superbe bible familiale que conservent les familles protestantes. Cette rencontre fut très sympathique et le propriétaire nous proposa de présenter avec lui l'histoire de ce château lors des prochaines journées du patrimoine.

Ainsi nous avons séjourné un long WE dans cette superbe demeure sur laquelle flotte le blason des de Bruet et accueilli le public à ces journées de septembre.

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 Avant la mise en place de l'Etat-civil, l'inscription sur la bible familiale était pour les familles protestantes le moyen de graver leur filiation, ne pouvant se prévaloir d'actes de baptême.

Pour les actuels propriétaires Jacques de Bruet est l'objet d'une admiration sans faille, non seulement parce que c'était le bâtisseur de leur demeure, mais surtout parce que protestant, il avait ardamment défendu la cause huguenote.

Lors de la révocation de Edit de Nantes des offices furent célébrés au château de Lagarde. Nommé gouverneur de Tonneins par Henri IV, Jacques de Bruet s'est illustré par son attitude conciliante.

 

 Août 2019 

 

Nous avons à nouveau été invités au château, que nous avons revu avec le plus grand plaisir, pour partager le repas de l'autre branche des propriétaires de Lagarde.

Nous avons été impressionnés par la gentillesse et l'ouverture de cette grande et sympathique famille. Chacun participe activement à l'entretien de cette superbe demeure. Nous avons ainsi assisté à une escalade du toit pour changer des tuiles. Un spectacle touchant et impressionnant...


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Note de l'inventaire général des monuments historiques (1999)

En 1624, Jacques de Bruet, appartenant à une famille protestante et ancien gouverneur de Tonneins-Dessus, (il semblerait que ce soit plutôt Tonneins-Dessous, le gouverneur de Tonneins-Dessus étant le marquis de La Force NDR) obtient l' autorisation de construire une maison noble dans le village de Lagarde (En fait il s'agit du village actuel de Grateloup NDR). Le logis et les communs sont probablement achevés en 1630, d' après une inscription figurant sur une fontaine à une centaine de mètres à l' est (AU MOIS DE DECEMBRE MILLE/SIX CENS TRANTE NOBLE/JACQUES DE BRUET ESCUYER/SEIGN (eur) DE LAGARDE A FAIT/BASTIR CES FONTAINES) . En possession de la famille de Grossolles de Flamarens depuis 1722, le château est acheté après la Révolution par M. de Gelas ; l'aile nord, non figurée sur le cadastre de 1832, était alors probablement ruinée. Selon une note conservée dans des archives privées, il est ensuite acheté en 1847 par le négociant bordelais Martin Flouch, qui fait entreprendre une campagne de restauration en 1852-1853 sous la direction de A. Lamothe. La métairie avec grange-étable au sud-est, présente sur le cadastre napoléonien, est complétée en 1876 par un chai et un cuvier. Au sud-est, le moulin sur le ruisseau du Rose a été restauré à la fin du 19e siècle.

Description : Le château occupe une terrasse en bas de pente, sur le versant sud d' un coteau descendant vers le Rose. Un fossé isole les bâtiments organisés sur une cour fermée, accessible à l' est par un corps de passage sommairement fortifié coiffé d' un toità l'impériale. De part et d' autre, les communs comprenant logement, remise et écurie flanqués de corps pavillonnaires (pigeonniers) sur les angles, sont reliés au logis par un mur autrefois crénelé. Bâti en brique, en rez-de-chaussée surélevé sur un niveau de soubassement, il est formé d' un corps central de 3 travées simple en profondeur, encadré symétriquement par 2 ailes peu saillantes en retours d' équerre. Les toits à croupes sont couvert de tuiles plates. La fontaine est précédée d' un réservoir enterré voûté en berceau plein-cintre, s'écoulant dans un bassin. Les parties agricoles en moellon, le moulin en brique, sont couverts de tuiles creuses.

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