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Charles Angélique de Rémont

 

 armes de Remont

 

Encore un personnage de caractère ce Charles de Rémont.

Encore un homme politique. Il a épousé, malgré sa maladie Louise Coulon : une riche héritière, fille d'un Maître de Forges des Ardennes, Grand Maître des eaux et forêts de la généralité de Metz.

Extrait des notes d'Angélique concernant sa grand-mère Louise :

"Quelques jours avant celui qui était prévu pour le mariage, la jeune femme fut prise de fièvre, de malaise et la petite vérole ne tarda pas à se déclarer avec une violence qui mit ma grand-mère à deux doigts de la mort.

Elle en revint mais dans un état affreux, la vue fort altérée, la figure entièrement couturée, enfin laide, très laide, la pauvre Louise n’avait plus de son ancienne beauté qu’une taille accomplie -ce qu’on nommait alors un port de reine- une peau d’une blancheur éblouissante partout où n’avait pas sévit cette affreuse petite vérole. Ses épaules, ses bras étaient d’un modèle parfait."

 

Il a vécu de châteaux en châteaux. Il est né au château d'Arnicourt, il a vécu au château de La Grange aux Bois, puis il a acheté le château de Sept-Fontaines où il est mort à 88 ans... Rien que ça ! Il menait grande vie. Mais presque ruiné, il s'est, un temps, réfugié dans les Landes où il a acheté "une modeste demeure". "Ce qui avait décidé mon grand-père à aller se fixer à Bahus, c’était la modicité de sa fortune" nous dit Angélique. 

Puis son fils Charles-Marie dit Camille, s'y est installé avec sa belle-sœur veuve, Athénaïs Aubry d'Arencey. Il a été maire de Bahus-Soubiran, est décédé au château de La Béroje et enterré au cimetière de Bahus.

Athénaïs décédée en 1904 et bon nombre de membres des familles de Rémont et L'Huillier sont également inhumés au cimetière de Bahus.

Le superbe château de La Béroje est situé à une vingtaine de km de Bahus, à cheval sur les départements des Landes et du Gers.

Il a été acheté par Camille à l'aide d'un emprunt jamais remboursé à Athénaïs. Il fut par la suite la propriété de Berthe L'huillier, la sœur d'Angélique et donc la petite-fille de Charles. Et ce sont toujours ses descendants qui l'exploitent et l'entretiennent merveilleusement.

La Beroge

 

Les notes d'Angélique , pas toujours très fiables, donnent abondance de détails sur la vie de "muscadin" de son grand-père.

 

Angélique raconte son grand-père Charles

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Mon grand-père était destiné comme cadet à la marine, car l’aîné était son frère Antoine. Il fut envoyé à Brest où se trouvait l’école de marine. Voici ce que je l’ai entendu raconter au sujet de ce voyage :

Il avait 14 à 15 ans, il était très timide et n’avait jamais voyagé. De Rethel à Paris son père l’avait accompagné dans le coche mais arrivé à Paris, les adieux définitifs eurent lieu et Charles de RĖMONT dut prendre tout seul le chemin de Brest. La route était longue, 3 à 4 jours, même plus je crois. Le jeune homme triste et timide, enfoncé dans un coin de la voiture, avait bien envie de pleurer lorsqu’une jeune et jolie femme vint prendre place auprès de lui. Elle était accompagnée d’un monsieur qui lui fit ses adieux en l’embrassant tendrement. Cette jeune femme ne tarda pas à voir l’air de tristesse et de jeunesse de ce voyageur. Elle fut charmante pour lui, l’entourant de petits soins, lui donnant la nuit une pelisse très chaude pour s’envelopper, en un mot agissant comme une jeune et charmante mère. Mon grand-père en était très amoureux en arrivant à Brest, un peu de hardiesse lui étant venue, il lui demanda son nom mais la jeune femme ne voulut pas le lui dire et profitant d’un moment où il était occupé à remettre son bagage à un commissionnaire, elle s’esquiva sans qu’il puisse savoir ce qu’elle était devenue.

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Aussitôt que les événements le permirent, Charles, Vicomte de RĖMONT rentra en France et vint prendre à Arnicourt la place qui lui était due. Son séjour en Angleterre avait encore ajouté à la distinction de ses manières. C’était un élégant, ce qu’on nommait à cette époque un muscadin.

Lorsqu’il séjournait à Paris il était du nombre de ceux que l’on rencontrait chez Mme de Beauharnais, plus tard femme de Napoléon. Sa jeunesse était dans tout son épanouissement et je crois qu’il en profitait largement.

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Ma grand-tante (Gabrielle) était jeune et jolie avait été remarquée et aimée par un jeune gentilhomme de sa paroisse nommé M. de Colombel. Il demanda sa main et l’aurait obtenue sans la vive opposition de mon grand-père (son frère), qui lui reprochait d’être absolument sans fortune. M. de Colombel mourut de chagrin dit-on.

Ma grand-tante jura qu’elle ne se marierait jamais et tint parole.

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Un brillant colonel prussien remarqua ma grand-tante, il la suivait partout et eut l’imprudence de venir caracoler sous ses fenêtres une belle nuit d’été.

Mon grand-père, indigné, le provoqua en duel et le tua raide.

Ce duel fut suivi d’autres avec plusieurs officiers prussiens qui avaient juré de tuer mon grand-père mais c’était un brave adroit et à chaque fois il blessait ses adversaires qui rendaient enfin justice à sa bravoure se lassèrent de le provoquer.

Mle de RĖMONT ne pardonna jamais ces deux morts à son frère.

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Mon grand-père (Charles) de RĖMONT passait tout le temps des sessions de la chambre à Paris très lié avec M. de Villèle  et le duc de ………  Il voyait aussi beaucoup Mme de Peyronnet et la famille de Mas………. Il était très répandu dans le monde et on l’y trouvait fort aimable et fort distingué.

Le roi Louis XVIII, Charles X, la duchesse d’Angoulême, surtout la duchesse de Bessege l’invitaient souvent dans leurs réunions intimes.

 

Voir aussi le court métrage photos ici

 

 

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889

(Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1824 à 1827, né à Arnicourt (Ardennes) le 27 mai 1776, mort au château des Sept-Fontaines (Ardennes) le 2 octobre 1864, « fils de Philippe-François-Louis de Rémont, chevalier, baron de Saint-Loup, seigneur d'Arnicourt, de Sorbon, Juaumont et autres lieux, capitaine au régiment d'infanterie du roi, et de dame Marguerite-Elisabeth Aubry d'Arancey », propriétaire à Charleville, conseiller général et chevalier de la Légion d'honneur, il se présenta à la députation, le 4 novembre 1820, dans le 1er arrondissement électoral des Ardennes (Mézières), et échoua avec 145 voix contre 154 à l'élu, M. Lefèvre-Gineau ; il ne fut pas plus heureux, le 11 novembre suivant, dans le grand collège du même département, avec 61 voix contre 83 à l'élu, M. de la Tour-du-Pin.

Il entra au parlement le 6 mars 1824, comme député du grand collège, élu par 93 voix (114 votants, 151 inscrits), vota obscurément avec la majorité ministérielle, et rentra dans la vie privée aux élections de 1827

 

Charles de Rémont écrivait souvent à la belle famille d'Angélique. Il avait un style "délicieux"...

"Il était brillant savant, mais avait sa face d'ombre..."

Quelques exemples de sa correspondance sont publiés sur ce site en cliquant ci-dessous. Et d'autres seront mis en ligne prochainement.

 correspondanceCH de remont

Le document réalisé en 1976 par Frank et Didier relate, racontées par Angélique, les démarches du Vicomte Charles de Rémont pour obtenir un majorat d'Empire.

Définition de majorat par le Larousse : Bien inaliénable, qui est attaché à un titre de noblesse et passe avec le titre à l'héritier du titulaire.

(Napoléon Ier systématisa l'institution abolie par la Révolution, et en fit un des fondements de la noblesse d'Empire.)

majorat